Mot-clé - Écologie politique

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lundi, 11 avril, 2016

En attendant l'an 02

En attendant l’an 02. Des pièges de la révolution écologique et des pistes pour les déjouer, ouvrage collectif, Le Passager clandestin, 220 pages, 15 euros
Illustration de couverture : Guillaume Trouillard ; préface : Thierry Paquot

Quatre années, sept numéros toujours plus beaux et mieux diffusés, il ne fallait pas moins pour accoucher d'un objet éditorial qui sorte un peu du monde militant, des librairies amies, du cercle des abonné·e·s, pour se présenter à un public plus large. Une fois la chose faite et L'An 02 distillant ses ondes subversives jusque dans les allées de grandes surfaces culturelles, voilà qu'il faut arrêter, les efforts ayant été trop rudes. Faut-il se réjouir que L'An 02 ait pu arriver à être ce qu'il est ? Ou regretter qu'il ne nous accompagne pas plus longtemps ?

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jeudi, 24 décembre, 2015

Le chômage, c'est la mort

Il y a quelques temps, une copine me disait combien le travail, c’est la mort. Des suicides sur le lieu de travail (qui arrivent par vagues dans les médias) aux burn-out, de la vulnérabilité que la hiérarchie crée face au harcèlement à la dépossession dont témoignent tant et tant de gens du métier, il semble qu’il n’y ait rien à défendre dans l’organisation du travail aujourd’hui. Est-ce une raison suffisante pour taper dans le dos d’une chômeuse comme moi en la félicitant de ne pas être employée ? Peut-être pas, aussi ai-je répliqué à ma pote que le chômage, c’est la mort.

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mardi, 8 décembre, 2015

Au fond du trou

D’habitude, je ne vote pas. Si mes ancêtres se sont battus pour quelque chose, c’était pour mener une vie digne, pas pour distribuer des cartes blanches à leurs gouvernants sur la base de questions mal posées. Mais dimanche je suis allée poser mon bulletin dans l’urne. D’abord parce que « malgré tout l’intérêt que présente [mon] CV », cela faisait dix ans que je moisissais au chômage quand j’ai été embauchée il y a six mois par le groupe des élus verts au Conseil régional Nord-Pas de Calais. Autant ces dix années avaient entamé mon optimisme sur la possibilité de créer des alternatives au capitalisme qui n’en reproduisent pas la violence, autant je leur suis reconnaissante de ne pas m’avoir jugée sur les mêmes critères que les gentilles assos chez lesquelles je postulais sans succès. Ensuite parce que, pendant le peu de temps où je les ai côtoyés, la plupart des élus de ce groupe ont su gagner une estime que j’accorde chichement. Certes nos visions ne s’accordent pas tout à fait mais ils et elles correspondent assez largement à ce que les spectateurs de ma conférence sur les élections me disent attendre de leurs élus : être réglos et faire leur boulot. What else?

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mardi, 13 octobre, 2015

Crowdfunding à la française

Lors d’un séjour aux États-Unis à Portland, Oregon, j’ai eu le plaisir de donner un coup de main régulier dans un cinéma associatif. Tous les samedis on pouvait me trouver derrière la caisse à jongler entre le logiciel d’édition des billets et les coupures de dix dollars, quand je ne partais pas passer le balai dans les salles. Pendant mon séjour, et deux ans après avoir financé ainsi de nouveaux sièges, le cinéma a lancé une opération de crowdfunding sur Kickstarter pour rénover sa marquee. Voici le cinéma avant, quand j’y balayais le pop corn, et après, suite au succès de la levée de fonds populaires (sachant que le cinéma a aussi des mécènes corporate, dont Nike qui est basée à deux pas). Pas mal…

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jeudi, 1 octobre, 2015

Écologie : la petite bourgeoisie s’amuse

Un texte paru au printemps 2015 dans L'An 02 n°7, dans le dossier « Altercapitalisme ».

« La petite bourgeoisie intellectuelle dans son ensemble se trouve dans une position sociale paradoxale et est traversée de contradictions, qui se retrouvent sur le plan politique et idéologique. C'est également en son sein que s'épanouissent ainsi les pensées et les pratiques alternatives, qu'elles soient autogestionnaires, écologistes ou féministes et queer. Comme la petite bourgeoisie traditionnelle, elle est dominée par la bourgeoisie tout en étant exploitée dans son travail et en subissant la dégradation des conditions de travail imposée par le capitalisme néolibéral, mais elle perçoit aussi une rémunération supérieure à la seule reproduction de sa force de travail, une sorte de rétrocession partielle de la plus-value capitaliste, qui témoigne de sa participation à l'exploitation des classes populaires. En outre, si les niveaux de revenu en son sein sont très variables, la petite bourgeoisie intellectuelle est dominante sur le plan culturel. »
Anne Clerval, Paris sans le peuple. La Gentrification de la capitale, La Découverte, 2013, p. 41.


L’écologie a politisé de nombreux aspects de la vie quotidienne : rythmes et cadre de vie par exemple. Mais quand l’écologie urbaine se contente d’améliorer la qualité de vie dans les quartiers centraux, y ramenant des classes aisées appréciées des décideurs, elle accompagne des phénomènes de domination socio-économique. La bonne conscience en plus.

Poursuivre la lecture sur le site de L'An 02.

mardi, 26 mai, 2015

Croire ou ne pas croire au Progrès ?

Il y a quelques jours j'entendais un philosophe médiatique répondre à la question : « Croyez-vous au Progrès ? » Surprise : notre philosophe répondit oui sans interroger ni l'action ni son objet, tant le Progrès est un concept à la définition universelle et évidente, auquel il est de bon ton de croire. Alors que… si le Progrès existe, que n'est-il besoin de le constater, comme l'alternance entre le jour et la nuit ou le passage du temps ?

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lundi, 29 septembre, 2014

Pour une critique émancipatrice de la PMA

Texte écrit en collaboration avec Aude Vincent pour L'An 02 n°6, « Qui est réac ? Qui est moderne ? », automne 2014

Fin 2012, la discussion d'un projet de loi qui prévoit l'ouverture du mariage à tous les couples et de la PMA à toutes les femmes divise l'opinion française. Dans la sphère écologiste et critique de la technique également, la question crée des lignes de fracture. Mais, alors que les arguments en jeu portent sur la nécessité de poser des limites aux possibilités ouvertes par la technoscience et de ne pas lui abandonner la gestion de nos vies, le débat n'est-il pas tombé dans la défense d'un ordre social patriarcal et homophobe ?

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mercredi, 24 septembre, 2014

Qui est réac ? Qui est moderne ?

Je viens de livrer mon troisième dossier à L'An 02, la revue d'écologie politique que j'anime. Vous pouvez trouver ce n°6 en librairie à 7 € ou vous abonner à 10 € les deux numéros. 60 pages en couleurs, format A4 ou à peu près, des lectures de bouquins récents, des chroniques et des reportages, 100 % bénévole, elle a besoin de lectrices et de lecteurs pour exister. Pourquoi pas vous ?

L’écologie propose de s’éclairer à la bougie, de renvoyer les femmes à la maison et à leur condition… ou bien, lorsqu’elle gagne en maturité, elle se montre à la pointe de l’innovation, prête à miser sur l’efficacité des nouveaux procédés de management des flux humains et énergétiques. Alors, l’écologie politique : tout à la fois réac et moderne ?

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jeudi, 3 juillet, 2014

PMA, écologie radicale et féminisme : passé les bornes…

Hiver 2012-2013 : le débat politique se sclérose sur la question des droits des personnes LGBT et les écolos radicaux n'y font pas toujours bonne figure. Le projet de loi sur le mariage pour toutes et tous propose-t-il dans un premier temps l'ouverture de l'assistance médicale à la procréation (ou PMA) aux couples lesbiens ? Les critiques que l'on peut faire à ces techniques étaient jusqu'alors plutôt discrètes, mais elles fleurissent, en ce sombre hiver comme au printemps, accompagnées des rumeurs les plus incongrues sur notre modernité devenue folle (1) ou de supputations sans pudeur sur la sexualité des lesbiennes ou des gays (2).

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lundi, 14 avril, 2014

Radicalité

Radicalité. 20 penseurs vraiment critiques, coordonné par Cédric Biagini, Guillaume Carnino et Patrick Marcolini, L'Échappée, 2013, 432 pages, 25 €

Tout est dans le vraiment, dans ce projet éditorial à deux faces. La première est la plus évidente et consiste à présenter vingt penseurs et penseuses, issuEs de différentes traditions politiques et intellectuelles, qui offrent de la société où nous vivons une critique en profondeur (radicale) en s'attaquant aux causes des maux actuels. La critique est d'ordre économique, technique, culturel et politique, éclatant les fronts et prenant au sérieux des registres qui ont pu apparaître comme secondaires : la technique n'est pas le problème, ça dépend de ce qu'on en fait ; la culture est affaire d'usages et de représentations individuelles, qui n'ont pas lieu d'être jugées à l'aune politique sauf à entraîner l'accusation de discours moralisateur.

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jeudi, 6 mars, 2014

Survivre et vivre

Survivre et vivre. Critique de la science, naissance de l'écologie, coordonné par Céline Pessis, L’Échappée, Montreuil, 2014, 480 pages, 25 euros

La revue Survivre publie son premier numéro en 1970, à l'initiative d'un groupe de mathématiciens que l'on pourrait qualifier de pacifistes. Les liens entre la recherche fondamentale et leurs applications militaires, à l'issue de guerres post-coloniales et en pleine guerre du Vietnam, stimulent une réflexion sur le rôle social de la science qui ira pendant les cinq années suivantes en se radicalisant et en augmentant la variété de ses préoccupations, au point qu'il est possible de dire que Survivre... et vivre est l'une des grandes revues écologistes des années 1970. Une sélection de textes et leur introduction par Céline Pessis permettent de découvrir ce parcours intellectuel et politique fulgurant qui s'achève au n°19, en 1975. Des contre-coups de Mai 68 à ceux de la candidature de René Dumont, en passant par le rapport du club de Rome, Survivre... et vivre a posé des questions qui sont encore celles que se posent (ou devraient se poser) les mouvements écologistes.

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lundi, 3 mars, 2014

A qui de nous faire préférer le train ?

Même aux USA, pays du libéralisme économique, il est possible de prendre le train à des prix qui ne font pas dresser les cheveux sur la tête. Et heureusement, car si les cars (1) Greyhound ont une belle réputation, que l'on doit à des films hollywoodiens comme Macadam Cowboy, il faut revoir ce film et les autres avec un peu moins de paillettes dans les yeux : le Greyhound, c'est pour les pauvres et tou-te-s celles qui ne peuvent pas faire le trajet en avion. L'imaginaire américain prétend que vous aurez de fortes chances de faire le voyage (interminable) aux côtés d'une personne malodorante et/ou en grande détresse. Au Canada, un voyageur a ainsi fini son trajet la tête coupée par son binôme de car (faut dire que c'est long). Le plus grand désagrément que j'aie connu, c'est de faire les deux heures entre Seattle et la capitale de l'état dans un car aux vitres tellement crades que je n'ai pas pu voir le Mt Rainier de plus près. Ah, oui, et la demi-heure de queue avec un vigile grossier qui nous a demandé d'ouvrir nos bagages à main pendant qu'il commentait le contenu – des bagages des passager-e-s du wagon à bestiaux précédents. C'est le genre d'expérience qu'on apprécie d'avoir fait, mais qui ne vaut pas la peine d'être répétée.

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jeudi, 16 janvier, 2014

Un solutionnisme écolo-alternatif ?

DIY, agroforesterie, revenu garanti, agriculture urbaine, tirage au sort des mandats politiques, BRF, végétarisme, etc. Les écolos-alternatifs/ves ont une multitude de propositions pour faire du monde un endroit plus vivable. Le BRF (bois raméal fragmenté) réduit les besoins en eau de l'agriculture, le végétarisme s'adresse aux impacts désastreux de l'industrie animale, le tirage au sort nous fait retourner aux fondamentaux de la démocratie, le revenu garanti met à l'abri de la misère qui touche de plus en plus de personnes, particulièrement des femmes et particulièrement des enfants, le DIY (do-it-yourself) fait baisser la fièvre acheteuse.

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lundi, 2 décembre, 2013

Écologie politique : comment ne pas entendre

Ce matin sur France Inter, dans un de ces télescopages saisissants qui servent de signe ostentatoire de pensée originale, le chroniqueur politique maison mettait en parallèle la crise écologique et sociale et les échecs d'EELV : c'est parce que "les écolos" engagé-e-s dans la gestion des affaires publiques s'en sortent plutôt mal qu'on se rapproche des limites du système productiviste, notamment le système agro-alimentaire breton. Cassandre ne parle pas assez fort, ou bien elle n'articule pas assez bien, ou encore elle n'utilise pas des concepts assez stratégiques, toujours est-il qu'on peut passer des années à ne pas l'écouter et finir ensuite par le lui reprocher. Ben tiens.

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samedi, 16 novembre, 2013

La fin du monde, les riches et les gueux

A propos de trois films

Soleil vert, Richard Fleischer (1973)
Idiocracy, Mike Judge (2006)
Elyseum, Neill Blomkamp (2013)

C'est dans 50 ou 150 ans et le monde est devenu étouffant dans tous les sens du terme : surpeuplé et surchauffé, un enfer.

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mercredi, 9 octobre, 2013

Les Îles du Paradis

Richard Grove, Les Îles du Paradis. L'Invention de l'écologie aux colonies, 1660-1854, La Découverte, 164 pages, 13,50 €

Il est des textes dont on ne sait trop quoi faire quand on est éditeur : trop longs pour la revue, trop courts pour le livre. C'est une gageure, pour laquelle on invente des formes, consistant le plus souvent à faire des livres à partir de très longs articles. Car hors du livre, point de salut : avez-vous déjà lu un article de cinquante pages dans la presse française ? C'est monnaie courante pourtant dans le monde anglo-saxon, mais chez nous cette forme d'écriture n'existe plus depuis Albert Londres, il n'y a rien entre les dix pages de « grand reportage » et le bouquin de 200 pages. Les Prairies ordinaires bricolent donc Le Stade Dubaï du capitalisme de Mike Davis (96 pages, 8 €) avec l'aide d'un long article de François Cusset sur le même sujet. Pendant que les éditions Allia livrent brut La Montée des eaux de Charles Mann dans un micro-bouquin (64 pages, 3,10 €). On gonfle le texte ou on assume sa brièveté.

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samedi, 5 janvier, 2013

A la recherche de la "sexualité naturelle"

Voici une lettre envoyée en privé à l'animateur d'un blog écolo, en guise de réponse énervée à un billet qui se targuait de critiquer la technique pour justifier son homophobie. Sans réponse de sa part, je décide de la mettre ici à disposition. Entre temps, Stéphane Lavignotte et moi avons publié une tribune dans le cadre du même débat et avec un angle assez proche.

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lundi, 17 décembre, 2012

Notre-Dame-des-Landes, une histoire de poisson pas frais

Basques ou Islandais, les pêcheurs de l'Atlantique ont découvert il y a plus de mille ans la fabuleuse pêche à la morue. Un poisson très grégaire, donc facile à pêcher, facile aussi à sécher et à conserver grâce à sa faible teneur en gras, de la pure protéine qui alimenta longtemps aussi bien les classes laborieuses européennes que les esclaves des Antilles. Une morue dépose un million d’œufs à chaque période de reproduction, on a donc longtemps cru que les stocks étaient inépuisables. Et quand ils s'épuiseraient, la pêche ne serait plus si fabuleuse et rentable, on n'aurait pas d'autre choix que de l'abandonner pendant quelques années, le temps que les stocks se refassent. Mais les morues juvéniles sont des proies faciles, sujettes à une haute mortalité, et les bateaux de pêche se sont équipés au point de pouvoir scanner le moindre banc à des miles à la ronde. On ne l'a donc pas vu venir, les stocks se sont effondrés en deux ou trois ans, le temps de mettre sur pied des accords internationaux pour un moratoire sur la pêche à la morue en Atlantique... On ne l'a pas vu venir, à part les pessimistes, les naturalistes et les écologistes.

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lundi, 19 novembre, 2012

Il est temps d'arrêter les conneries

Devant la crise climatique, on se sent impuissant : les quantités de gaz à effet de serre s'accumulent dans l'atmosphère, les réfugié-e-s climatiques s'entassent dans des camps, les phénomènes climatiques s'enchaînent (sécheresses, ouragans comme en ce moment sur la côte Est de l'Amérique du Nord, vagues de froid, etc.) et il faudrait diviser par quatre nos émissions... Plus facile à dire qu'à faire, surtout quand on dit que c'est à chacun-e de faire un effort, de devenir un exemple à suivre en mangeant tout local, en ne prenant qu'exceptionnellement sa bagnole et jamais l'avion, alors que tout nous pousse à faire exactement le contraire : l'offre des supermarchés, la structure des villes, le mode de vie des ami-e-s autour de soi.

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lundi, 5 novembre, 2012

Le Soleil en face

Le Soleil en face. Rapport sur les calamités de l'industrie solaire et des prétendues énergies alternatives
Frédéric Gaillard
L'Échappée, 2012
160 pages, 11 €

La critique des énergies dites « renouvelables » continue. Arnaud Michon avait publié en 2010 aux éditions de l'Encyclopédie des Nuisances un réquisitoire contre l'énergie éolienne, Le Sens du vent, qui faisait la part belle à une critique idéologique : un système injuste et autoritaire tente maladroitement d'assurer sa durabilité... le laisserons-nous faire ? Il faisait découvrir en outre aux optimistes de tout poil les défauts de l'énergie éolienne : non seulement les exactions de compagnies pour lesquelles un paysage et les personnes qui l'habitent ne peuvent rien valoir, mais aussi les ressources non-durables, en particulier métalliques, utilisées pour la construction d'une éolienne. Hélas pour les gentil-le-s écolos un brin techno, la réponse universelle à tous nos problèmes n'est pas blanche et dotée de trois grandes pales. C'est plutôt une révolution qu'il nous faut (et nous voilà bien avancé-e-s).

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